Le Marchand de sable
The Jokers

Moussa Mansaly joue un père de famille devenant malgré lui marchand de sommeil, aux côtés d'Aïssa Maïga, Ophélie Bau et Benoît Magimel. Un film fort à revoir à la télévision, ce week-end.

Marqué par des années de prison, Djo, livreur de colis en banlieue parisienne, vit modestement chez sa mère avec sa fille.
Un jour, une tante qui vient de fuir le conflit ivoirien débarque chez eux avec ses trois enfants. Dans l’urgence, Djo réussit à leur trouver un local.
Mais face à la demande croissante et dans la perspective d’offrir une vie décente à sa fille, Djo bascule et devient marchand de sommeil

Le Marchand de sable, le premier long métrage de Steve Achiepo, arrive en clair, ce samedi sur France 4 (ainsi qu'en replay sur France.TV). Commençant sa carrière dans l'immobilier, celui-ci a été choqué d'assister aux pratiques sans scrupules des marchands de sommeil, et après avoir été repéré en tant qu'acteur (dans Tout, tout de suite de Richard Berry, en 2016), il est passé à la mise en scène, avec pour objectif de tirer un long métrage sur ce sujet de société peu abordé au cinéma.

Ses courts En équipe, À la source, Le jour de ton jour et Haut les pulls ont tous été salués dans des festivals, et grâce à ce premier long arrivé au cinéma début 2023, il réalise donc son ambition. Porté par Moussa Mansaly (Validé), Aïssa Maïga (Il a déjà tes yeux), Ophélie Bau (Mektoub My Love) et Benoît Magimel (Pacification), et soutenu par la Fondation Abbé Pierre, qui lutte depuis plusieurs décennies contre le mal-logement, Le Marchand de sable avait beaucoup plu à Première. Voici notre critique :

Avant de faire du cinéma, Steve Achiepo a été agent immobilier. Et sa connaissance de la question a forcément inspiré ce premier long. On y suit un livreur – encore marqué par ses années de taule – qui vit chez sa mère et voit débarquer une tante ayant fui le conflit sanglant en Côte d’Ivoire avec ses trois enfants. Il se démène alors pour lui trouver un logement sans se douter qu’il met le doigt dans un engrenage infernal, celui des marchands de sommeil, dont il va devenir à ses risques et périls un rouage essentiel pour offrir une vie décente à sa fille. S’appuyant sur cet anti-héros riche en contradictions, Les Marchands de sable transcende le banal film à sujet, par la qualité de son écriture (des situations comme des personnages) et le beau travail à la lumière de Sébastien Goepfert (Petit paysan) qui crée une ambiance très New- York des 70’s sans que rien ne paraisse factice. Un réalisateur à suivre.