Raphaël Quenard et Johnny Hallyday
Castel Franck/Orban Thierry/ABACA

Quelle période abordera le film ? Et Quenard chantera-t-il ? Le réalisateur Cédric Jimenez nous dévoile ses ambitions pour ce film évidemment très, très attendu.

Dans un mois sortira Chien 51, le thriller dystopique de Cédric Jimenez (La French, BAC Nord, Novembre…). Un film maousse qui plongera Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos dans un Paris futuriste, découpé en trois zones et surveillé par l'IA Alma. Mais cette adaptation du roman de Laurent Gaudé ne sera le seul projet d’ampleur pour le réalisateur/scénariste marseillais, qui travaille déjà sur le biopic de Johnny Hallyday, prévu dans les salles le 8 décembre 2027, avec Raphaël Quenard dans le rôle du chanteur. Cédric Jimenez livre à Première ses ambitions pour ce film forcément hors norme. « Raphaël, je le connais bien et j’ai tourné avec lui sur Novembre. Donc je sais qu’il a ce potentiel à incarner la différence, le mystère… C’est le genre de personnage qui peut nous échapper, mais en même temps nous fascine. On se demande toujours qui est ce mec, s’il est brillant ou un peu fou… Raphaël a un côté rockstar qui est naturel chez lui, et ce n’est pas si fréquent. »

Pour autant, la ressemblance entre l’acteur et Johnny n’est pas si frappante… Ce qui n’inquiète pas outre mesure le cinéaste : "Physiquement, on n’essaiera pas de coller exactement à Johnny Hallyday, car ce serait absurde. Son visage est beaucoup trop connu pour essayer de créer un sosie. D’ailleurs, dans La Môme, Marion Cotillard ne ressemble pas à Édith Piaf et dans Walk the Line, Joaquin Phoenix est extrêmement éloigné de Johnny Cash. Tout comme Val Kilmer en Jim Morrison dans The Doors."

"Mais il est grand, Raphaël, il a ses yeux bleus, ce grand sourire… Donc on va évidemment travailler pour s’approcher de Johnny. Après, ça reste un biopic : Raphaël va interpréter le personnage. Il va aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup travailler. Il a quand même neuf mois de préparation intensive à temps plein qui l’attendent."

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Et grande question : Quenard chantera-t-il dans le film ? « Il va chanter sur le plateau. Je peux pas tout vous dire (Rires.) Mais en tout cas il chantera, c’est certain. Il faudra trouver des astuces, parce que si tout le monde pouvait chanter comme Johnny Hallyday, ça se saurait ! Si j’avais un biopic sur Zidane à tourner, je ne demanderais à personne de jouer au foot comme lui. Mais il jouerait tout même au foot dans le film. Aussi bien que Zidane, pas sûr, mais il jouerait (Rires.) On est au début du projet, donc je n’ai pas encore toutes les clés. Mais on va bosser pour amener Raphaël Quenard au plus proche de la voix de Johnny.

"Et surtout, l’idée est qu’on vive à travers son interprétation l’histoire de Hallyday, qui démarre il y a maintenant plus de 80 ans. Il ne faut surtout pas oublier que Johnny, ce n’est pas seulement celui dont on se souvient aujourd’hui, il y a aussi tout le début. Qui sera également le début du film, puisqu’il sera chronologique."

Verra-t-on donc toute la vie de Johnny, du début à la fin ? « Non, pas forcément. On a aussi envie de raconter l’arrivée du rock en France, une époque où la jeunesse était décomplexée et ne s’inquiétait pas de l’avenir. Il s’agit de donner de l’espoir, de montrer ces gens qui avaient envie de vivre à fond et qui voyaient le futur comme quelque chose de très beau. Ce biopic de Johnny sera un film positif car c’était un personnage positif et que le public aimait profondément. Il y a forcément de mon côté un vertige à raconter cette légende absolue. Mais il ne faut pas que l’enjeu prenne le dessus sur l’envie, sur l’envie d’avoir envie, si j’ose dire (Rires.). Donc je dois y aller même si ça fout la pression : l’envie et l’excitation l’emportent. »

Raphael Quenard Yannick
CHI-FOU-MI PRODUCTIONS