Manon Clavel brille en assistante sociale belge percutée par la mort soudaine de son compagnon se raccrochant au monde du sexe tarifé BDSM pour ne pas sombrer financièrement.
Voilà le film sur le deuil le plus singulier et désarmant vu depuis longtemps. Et dont les 30 premières minutes dominées par un sens aiguisé de la rupture repoussent sciemment le moment de comprendre dans quel type de film on se trouve pour nous propulser instantanément dans la tête de son héroïne, elle-même totalement déstabilisée par ce qu’elle traverse. Car cette assistante sociale belge se voit percutée par la mort soudaine de l’homme pour lequel elle avait eu un coup de foudre et quitté le père de sa fille. Et, désormais seule, enceinte de lui, sans stabilité financière, ni logement, elle va se retrouver, par un concours de circonstances à… apprendre le métier de dominatrice et gagner sa vie comme travailleuse du sexe !
Venue du documentaire, Alexe Poukine évite ici tout misérabilisme sordide comme toute représentation “exotique” du monde BDSM. Une justesse qu’on retrouve dans les figures des clients où elle montre des hommes faisant appel à ces femmes et cette dynamique de domination-soumission pour des raisons bien plus complexes qu’un simple élan pulsionnel. Poukine avance sur ce fil ténu avec une aisance jamais prise en défaut, faisant surgir des éclats de rire comme des moments déchirants précisément là où on ne les attend pas. Et ce récit de cette reconstruction vraiment pas comme les autres s’appuie aussi sur une interprète capable d’épouser ce roller coaster émotionnel sans jamais tomber du manège : Manon Clavel. Sa virtuosité et son naturel entremêlés en font la co-créatrice de ce personnage éminemment complexe et incroyablement attachant.
De Alexe Poukine. Avec Manon Clavel, Ethelle Gonzalez Lardued, Makita Samba... Durée 1h44. Sortie le 12 novembre 2025







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