Malgré son manque flagrant de grand spectacle, cette tentative sincère n'est pas dépourvue d'émotion, de bonnes idées et de twists excitants, potentiellement bouleversants pour la suite du MCU.
Depuis le fiasco Secret Invasion, on n’attend plus grand-chose des séries Marvel de Disney+.
Trop rarement à la hauteur des attentes, elles ont bien souvent échoué à recréer le frisson des films. Alors comment cette petite série de plateforme pourrait-elle rivaliser avec la tête de gondole emblématique du Marvel Universe ? Comment la jeune Riri Williams pourrait-elle devenir la nouvelle Tony Stark ? Comment imposer Ironheart en successeuse crédible d’Iron Man ?
Contournant le problème, Marvel a décidé de ne PAS chercher à faire du Iron Man avec Ironheart. Et là était certainement la bonne idée : la série est racontée à hauteur de Riri Williams !
Riri, c’est une jeune femme extrêmement brillante, récemment exclue du MIT pour avoir un peu trop souvent fait exploser le matériel de l’université. De retour à Chicago, sa ville natale, elle est bien décidée à aller au bout de son projet : construire une armure bionique "iconique", comme elle dit. Mais pour y parvenir, il lui faut des moyens… Elle accepte alors de travailler pour The Hood, un voyou aussi inquiétant que fascinant, doté de pouvoirs grâce à une cape magique.
La série avance à son rythme, fidèle à son héroïne, entre bricolages de génie et premiers frissons de responsabilité.
Six épisodes de 45 minutes, c’est sans doute le format idéal pour ce genre de production, qui va droit à l’essentiel. Et l’essentiel, ici, c’est Riri et sa vie de génie pas du tout milliardaire. Comment se fabriquer une armure du futur quand on n’a pas les moyens d’un Stark ? Ironheart déroule son intrigue dans une tentative sincère. Le personnage, brièvement croisé dans Wakanda Forever, revient dans un récit intimiste, presque modeste, qui refuse clairement la comparaison directe avec Tony Stark (même si celui-ci est constamment évoqué).
À la place, la série mise sur un concept bien amené : l’opposition entre technologie et magie. Face à la combinaison hi-tech de Riri, il y a la cape old-school de The Hood, un artefact surnaturel venu d’une autre dimension.
Ce contraste est malicieusement exploité, mais l'exécution reste étonnamment avare en action. Pour une production estampillée Marvel censée prolonger l’héritage d’Iron Man, on s’attendait à un peu plus de spectacle. Ici, le costume est presque secondaire : l’armure sert surtout de prétexte à suivre l’évolution personnelle de Riri Williams.
Dominique Thorne fait ce qu’elle peut avec l’énergie de la jeunesse, mais elle peine à imposer un véritable charisme. N’est pas Robert Downey Jr. qui veut. Heureusement, les seconds rôles assurent : le ténébreux Anthony Ramos, un Alden Ehrenreich (l’ex-Solo de Star Wars) très amusant dans un rôle improbable et surtout l'entrée en scène réjouissante de Sacha Baron Cohen dans le MCU. L’ex-Borat se taille la part du lion dans un dernier épisode franchement réussi, qui ajoute de nouveaux éléments mystiques à l’univers Marvel.
On ne sait pas si l'on reverra la star anglaise dans la saga ou même si la franchise rementionnera un jour son biblique personnage (on attend toujours le retour d'Arishem et des Célestes, quatre ans après la sortie des Eternels au cinéma). Peut-être n’est-ce qu’un clin d’œil aux fans des comics… mais au moins, le clin d’œil est cool. Notons que Dominique Thorne ne figure même pas (encore ?) au casting officiel d’Avengers: Doomsday. Pas franchement bon signe...
Ironheart, en 6 épisodes, à voir sur Disney Plus les mercredis 25 juin et 2 juillet.







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