Nom de naissance Cohen
Avis

Biographie

 Steven Cohen est un funambule de la performance, un artiste total exhibant son corps comme matière et oeuvre. Artiste plasticien, puis performeur depuis une dizaine d'années, Cohen situe son oeuvre à la limite entre art et danse. Golgotha, performance impossible, est à l'affiche du Festival d'Automne. Les cils ornés d'ailes de papillon, le buste corseté et les jambes frêles juchées sur des talons aiguilles vertigineux, Steven Cohen se clame « monstre juif et pédé ». Ajoutons à cela qu'il est Sud-Africain et blanc. Véritable être syncrétique à l'allure fascinante de drag queen baroque, Steven Cohen, qui se considère comme « une pièce d'art vivante, qui parle et qui marche », n'a besoin que d'apparaître pour qu'oeuvre il y est. Mise en danger Apparaître, pourtant, lui fut impossible l'an passé, lorsqu'il dut présenter au Festival d'Automne sa dernière performance, Golgotha, programmée au Centre Pompidou. Perché sur ce qu'il nomme des skulletoes (talons aiguilles montés sur de véritables crânes humains), et habillé en golden boy de Wall Street, Steven Cohen y évoque le suicide de son frère, broyé, selon lui, par la machine économique. Il s'agissait, dit-il, de « trouver une danse dans l'intervalle laissé vacant entre l'amoralité du commerce — chaque chose est à vendre — et les rituels de lamentation — tout s'achève dans la mort ». L'artiste se remet en danger cette année, après avoir réalisé la performance début octobre aux Subsistances de Lyon.  « Mon art de la performance explore des états de nudité physique, mais il s'agit surtout de nudité spirituelle. Ça n'est pas de l'exhibitionnisme. C'est plus intéressant pour le spectateur de me voir essayer ce que je ne peux pas faire, plutôt que ce à quoi je suis bon », résume-t-il à propos de son oeuvre, réglant au passage son compte à une certaine danse valorisant l'exploit physique. Intervenant plus volontiers dans des lieux publics que sur scène ou dans des lieux d'art, Steven Cohen pousse le spectateur à réagir. Ainsi dans l'une de ses performances les plus célèbres, Chandelier (2001), où il déambule à 30 centimètres du sol, la taille entourée d'un lustre cliquetant, dans un township de Johannesburg en cours d'évacuation, l'artiste est perçu par les uns comme un monstre ambigü, par les autres comme un ange asexué. Action éprouvante tant sur le plan physique que psychique, Chandelier porte en elle une violence à la fois symbolique et réelle.  Une politique du nu Les performances de Steven Cohen ont un sens, le plus souvent très politique. Ainsi affirme-t-il : « Je suis intéressé par une politique du nu, non par un commerce de la sexualité », agissant « à la manière d'un speculum », infiltrant des « questions béantes » au lieu de privilégier des « sutures du sens ». Lorsqu'il apparaît sous les fenêtres du Centre de la Résistance et de la Déportation de Lyon, une étoile de David au-dessus de la tête, une loupe grossissant son sexe circoncis et une colonne vertébrale à la main, il interroge sa condition de juif dans un pays autrefois complice de la Shoah. Explorant littéralement l'intérieur de son corps à l'aide d'une caméra portative dans Dancing Inside Out, tandis que la voix de Hitler hurle et que les images des camps de la mort défilent, Cohen interroge le spectateur : où est l'image abjecte ?  Artiste "i"inside out"/i", Steven Cohen glisse sur un fil tendu entre sphères privée et publique, intimité et politique, homosexualité et judéité, peau blanche et terre africaine... Il est le Funambule de jean genet, désincarné : « Veille de mourir avant que d'apparaître, et qu'un mort danse sur le fil ». A voir : l'entretien avec Steven Cohen réalisé en 2006 par OC-TV.netLa représentation de Golgotha de Steven Cohen au Centre Pompidou est visible en direct sur Arte Live Web le vendredi 6 novembre 2009, puis restera consultable sur le site  Magali Lesauvage    

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
- Chandelier Réalisateur -