Première
par Thierry Chèze
Judith et Louise sont mère et fille. La première est greffière dans un petit tribunal de province, la seconde, une brillante et implacable substitut d’un Procureur promise à une carrière flamboyante dans la haute sphère de la magistrature. Et elles entretiennent, pour user d’une litote, une relation compliquée qui fait que l’une comme l’autre se réjouissent de vivre loin de l’autre, sans chercher à renouer le moindre contact. Jusqu’au jour où… Louise se retrouve mutée dans le tribunal où travaille sa mère. Soit la promesse de retrouvailles électriques qui sera tenue à 1000% !
L’ombre d’un Dupontel plane sur ce réjouissant premier long métrage de Pierre Mazingarbe. Dans sa mise en scène comme dans sa direction d’acteurs poussant au maximum tous les curseurs, quitte à en laisser certains au bord du chemin. Et à ce petit jeu-là, Muriel Robin et Louise Bourgoin se révèlent génialement complices, faisant de chaque scène commune un feu d’artifice de coups bas et répliques fielleuses échangées où leurs deux personnages cherchent le KO debout de l’autre. Avec une maîtrise qui les empêche de verser dans la caricature ou le cabotinage.
A l’image d’un scénario qui, sous les vachardises échangées, raconte en creux le sacrifice en silence de certaines mères pour permettre à leurs filles d’avoir la vie que la société leur avait interdit d’ambitionner au même âge à leur époque.