Première
par François Léger
1996, en pleine mer. Joël, marin philippin, découvre Dimitru, un jeune Roumain passager clandestin d’un porte-conteneurs taïwanais. S'il est repéré par les officiers, Dumitru sera à coup sûr balancé par-dessus bord. Joël décide alors de le cacher, au péril de sa propre vie… Gros plans sur les visages, suspense fou, sensation d’étouffement : pas d’issue possible dans ce huis clos inspiré d’une histoire vraie. Le film assume un rythme tour à tour engourdi et fulgurant, soit autant de virages pas faciles à négocier. Mais To the North garde le cap, jouant le drame humain autant que le survival dans une sorte de fable universelle (on pourrait transposer l’histoire ailleurs, le film fonctionnerait certainement aussi bien) sur le pouvoir et la justice. Qui est un héros, un prédateur ou une victime ? Les rôles sont mouvants, et la morale tangue autant que le bateau qui transporte ces âmes perdues.