Un premier film qui réussit l’exploit de renouveler le film de genre à la française tout en tissant, en toile de fond, un commentaire social puissant.
Vermines vient d'arriver sur Netflix précédé d'une excellente réputation. Pour Première aussi, le premier long de Sébastien Vaniček (après quelques courts déjà chocs) est une réussite. Voici notre critique.
L’horreur et le social font-ils bon ménage ? Guillaume Nicloux avait tenté l’expérience en 2022 avec La Tour, réplique de série B dans lequel les habitants d’un HLM étaient contraints de rester enfermés sous peine de disparaître dans un vide intersidéral. Mais là où Nicloux s’attardait sur un petit monde sombrant progressivement dans une folie liée au cloisonnement, Sébastien Vaniček imagine avec Vermines un groupe d’individus portant son regard vers l’extérieur, avec des jeunes nourris par cette volonté d’échapper à l’enfer du quartier.
Au centre de ce microcosme, Kaleb, petite frappe vivant grâce à la revente de baskets, s’imagine cultiver son propre jardin, comme il s’attelle déjà à le faire à l’échelle de sa chambre où cohabitent papillons, limaces et autres insectes plus ou moins bienveillants. Lorsqu’il ramène, sans le savoir, une araignée tueuse qui se reproduit à une vitesse démesurée, un groupe de miraculés va se retrouver pour tenter d’échapper à cette menace graduelle.
Sébastien Vaniček connaît ses classiques : dans Vermines, il fait cohabiter l’Arachnophobie de Frank Marshall avec Les Misérables de Ladj Ly et signe un beau morceau d’horreur, multipliant les scènes d’anthologie en mettant à profit les espaces du bâtiment, passant avec brio d’une minuscule salle de bain à des souterrains crasseux où se joue l’hallucinant climax du film. La menace de ces parasites est pourtant minime face à celle que représente des forces de l’ordre autoritaires, idée un brin grossière mais nourrie d’une sincérité immaculée que l’on pardonne la sueur au front.
Bande-annonce :
"Théo, c’était la chair de Vermines" selon Sébastien Vaniček [interview]







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