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Après Rosa Luxemburg ou Hanna Arendt, Margarethe von Trotta s’empare d’une nouvelle figure féministe historique, la poétesse autrichienne Ingeborg Bachmann. Et a la bonne idée, bien que sa vie soit moins connue, de ne pas sacrifier à la facilité d’un biopic qui la raconterait de A à Z. Elle se concentre ici sur deux faces d’une même pièce : son histoire d’amour chaotique avec l’écrivain Max Frisch et sa tentative de se libérer de cette passion destructrice lors d’un voyage dans le désert. Mais il y a dans ce scénario construit en flashbacks et flashforwards permanents un côté trop mécanique où le dialogue entre les deux périodes tourne vite an bégaiement et à l’explication de texte, au lieu de nous faire ressentir physiquement ce que traverse son héroïne. Et ceci se révèle d’autant plus dommageable et incompréhensible quand on offre le rôle de Bachmann à Vicky Krieps, dont l’intensité et la virtuosité se situent précisément aux antipodes de ce canevas hyper scolaire.
Ingeborg Bachmann


