En mars 2002, Première tombait sous le charme du 3e film de Wes Anderson. Flashback.
Gene Hackman vient de disparaître, à l'âge de 95 ans. Première lui rend hommage en partageant plusieurs anecdotes de tournage et des critiques de ses films cultes. Parmi eux, il y a bien sûr French Connection, Impitoyable et Mississippi Burning, mais l'acteur avait aussi tourné quelques pépites en fin de carrière, comme La famille Tenenbaum de Wes Anderson, sorti en France en mars 2002. On fouille dans nos archives, et on vous invite à le revoir en VOD sur Première Max.
Comment reconnaître un film de Wes Anderson ?Dans la famille Tenebaum, les enfants se sont vite révélés des surdoués. A douze ans à peine, Chas était déjà un maître de la finance, Margot un génie de l'écriture, et Richie une étoile montante du tennis. Mais, un jour, Royal et Etheline, les parents, se séparent. Vingt ans plus tard, le père écume les palaces, Chas essaie d'élever seul ses fils après la mort de sa femme. Margot, dépressive, a épousé un psy et Richie court le monde depuis qu'il a craqué lors d'un match. Un gâchis dont Royal semble être le seul responsable. Mais le voila de retour, décidé à se faire pardonner.
La famille Tenenbaum, c'est le film qui permit à Anderson de s'imposer comme l'un des réalisateurs les plus en vue de son époque. Trois ans après la révélation Rushmore, et cinq ans après son tout premier film Bottle Rocket, déjà co-écrit avec Owen Wilson, le cinéaste livrait cette chronique émouvante et drôle d'une famille dysfonctionnelle qui apprend à se retrouver lorsque le patriarche Royal Tenenbaum décide de rattraper le temps perdu. Campé par un Gene Hackman au sommet de son art, auréolé d'un Golden Globe du meilleur acteur dans un film comique ou musical, il brille au milieu d'un casting pourtant impressionnant (Anjelica Huston, Owen Wilson, Ben Stiller, Luke Wilson, Bill Murray, Danny Glover) mis au service du style déjà très assuré de Wes Anderson.
The Phoenician Scheme : Wes Anderson se prépare-t-il pour le Festival de Cannes 2025 ?Au moment de sa sortie, déjà, Première était séduit par ce qui allait devenir un classique de la filmographie du réalisateur :
Le troisième film de Wes Anderson est un étrange objet à la fois désuet et intemporel, rigoureux et bouillonnant. Alors que son précédent, Rushmore, décrivait les rapports particuliers entre un ado et un père de substitution, La Famille Tenenbaum s’intéresse à la cellule familiale et à son équilibre précaire. Une famille de génies que la disparition du patriarche, aussi goguenard, menteur et teigneux soit-il, a profondément affectée au point d’abandonner toute brillance. Le film, lui, n’en manque pas. Il se savoure comme le livre dont il épouse la structure, chaque image étant une de ces phrases chiadées à outrance qui mérite relecture. Anderson s’apparenterait à un écrivain qui s’applique à écrire entre les lignes et dont la prose récompense celui qui s’y attarde. Le réalisateur met en place un univers infiniment personnel mais accueillant dont tous les éléments communiquent. Décors, costumes, musique, jeu des acteurs, agissent sans cesse les uns sur les autres et s’enrichissent de manière exponentielle. Le résultat est déroutant de subtilité, le drame le disputant souvent à la comédie dans une même scène. Cette méticulosité extrême pourrait laisser certains spectateurs de marbre. Pourtant, en additionnant le petit, l’apparemment insignifiant, Anderson construit ostensiblement quelque chose de grand.
Wes Anderson : “J’aime cette idée de troupe. On dînait tous ensemble au milieu d’un désert, c’était super !”
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