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Les partisans de Lee Daniels saluent son goût pour la subversion et l’énergie de son cinéma. Ses détracteurs n’y voient que provocation immature et racolage. Son dernier film surprendra les deux camps. Exempt de scènes scabreuses, Le Majordome retrace, avec une incontestable élégance formelle et une véritable vision d’auteur, le parcours de Cecil Gaines. Forest Whitaker campe impeccablement ce maître d’hôtel discret qui n’est dupe de rien. Tout à son grand sujet, le fi lm menacerait cependant de virer à l’académisme n’était cette tension entre le progressisme silencieux de Gaines et l’engagement de son fils dans la lutte contre la ségrégation raciale. Au centre de cet échiquier politique et familial, la femme du majordome, interprétée par une Oprah Winfrey bluffante, tente de profiter des plaisirs que lui procure le progrès (disques de soul, alcool), offrant la touche hédoniste qui fait du Majordome un film parfaitement équilibré.
Toutes les critiques de Le Majordome
Les critiques de Première
Les critiques de la Presse
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Si Lee Daniels (Precious) déroule trente années de l'Histoire américaine, cest pour livrer une attachante saga familiale, doublée du combat pour les droits civiques des Afro- Américains. Avec son défilé de célébrités dans des seconds rôles (Jane Fonda, Mariah Carey, Lenny Kravitz ), le casting est royal. Et Forest Whitaker ( Le Dernier Roi d’Écosse)
incarne avec retenue et densité cet humble et fier majordome, mari aimant et père dépassé. -
Le Majordome est une traversée de l’Amérique assez exceptionnelle, mais également la description de l’intérieur du mouvement pour les droits civiques et du combat contre le racisme. Un voyage au cœur de l’Histoire et d’une vie d’homme qui n’est pas sans rappeler le souffle de Forrest Gump en son temps.
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Académique dans la forme, ce récit sur la lutte pour les droits civiques n’en demeure pas moins émouvant. A travers les yeux du majordome, incarné avec justesse par Forest Whitaker, le spectateur (re)découvrira une époque décisive pour les Etats-Unis. Une leçon d’histoire taillée pour les Oscars.
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Forest Whitaker est imprégné de son rôle avec une immense dignité, il est tout particulièrement impressionnant sur la fin de sa vie.
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Le Majordome donne une leçon d’histoire bienvenue en suivant son héros auprès de plusieurs locataires du bureau ovale. Ce mélodrame efficace s’appuie sur la performance de Forest Whitaker (...) Entouré d’une incroyables brochettes de comédiens, il émeut dans la peau d’un homme ordinaire confronté à un destin exceptionnel.
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Une leçon d’histoire de violence et de survie, un voyage sentimental, c’est exactement ce que nous livre le réalisateur et sa fabuleuse équipe de comédiens.
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Avec force – mais sans tapage – Lee Daniels dénonce le racisme ordinaire qui existait aux Etats-Unis. Il ose même une comparaison avec les camps de concentration qui risque de lui attirer les foudres de certaines associations. Son discours - puissant - ne pourra laisser indifférent, d’autant que le réalisateur s’est entouré de la crème des acteurs pour faire revivre cette histoire édifiante. Forest Whitaker est évidemment extraordinaire dans un rôle qui évoque forcément celui d’Anthony Hopkins dans Les vestiges du jour, mais on est également convaincu par la force du jeu d’Oprah Winfrey et de David Oyelowo qui sortent grands gagnants du long-métrage. Les autres stars font plutôt office de figurants (la palme revenant à Mariah Carey qui doit bénéficier de 30 secondes de présence à l’écran) et ne parasitent pas trop l’attention du spectateur. Face à ce traitement exemplaire, on ne peut donc que regretter les dix dernières minutes qui tombent dans le piège du mélodrame traditionnel en évoquant les dernières années des personnages.
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LE MAJORDOME n’est ni poli ni beau sous tous rapports. C’est une œuvre de mauvais goût où le grain de l’image est gros, où les lumières sont cramées. Où Mariah Carey joue une esclave violée par son propriétaire terrien, où Oprah Winfrey incarne une desperate housewife alcoolique, où Lenny Kravitz met le tablier pour faire des petits fours. S’il n’est bien-pensant, LE MAJORDOME peut être rebutant : les maquillages prothétiques y sont franchement borderline, et cette certaine théâtralité peut friser la soirée déguisée. Mais sous cette grossièreté cinématographique, explosent une vraie flamboyance et une grande honnêteté. On est loin de l’entreprise cynique et bâclée. L’histoire, qui idéologiquement peut atteindre une grande complexité, est submergée par l’émotion, elle est racontée sans ambages, en ligne droite, et le règlement de compte que l’Amérique entreprend avec elle-même est douloureux.
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Forest Whitaker nous livre la plus belle performance de sa carrière.
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Le film s’inspire en effet d’Eugene Allen, au service de huit présidents des années 1950 aux années 1980, d’Eisenhower à Reagan. Trente ans à servir le thé dans le bureau ovale sans moufter. Le scénario lui invente un fils rebelle, fâché avec son « Oncle Tom » de père et qui choisit la lutte pour les droits civiques, flirtant un temps avec les Black Panthers. Leur relation conflictuelle permet de retracer plus de cinquante ans d’histoire américaine racontée du point de vue des noirs (Ku Klux Klan, guerre du Vietnam). Pour la bonne cause, Lee Daniels, cinéaste noir et tordu (« Precious », « The Paperboy »), refoule ses névroses - tout comme les stars de la pop culture au générique, d’Oprah Winfrey à Lenny Kravitz, en passant par Mariah Carey. Didactique et symbolique
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Lee Daniels, qu'on a connu plus agité, dans Precious ou Paperboy, raconte avec un classicisme élégant cette histoire américaine, qui, sous le feu de la grande Histoire, pointe la façon dont chacun, militant ou quidam, se bat avec ses armes et sa conscience pour construire le chemin vers plus de liberté. Il faut de tout pour faire un monde et, surtout, un Forest Whitaker pour faire un grand majordome.
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Même dans les pires moments, « le majordome » préfère stimuler l’esprit que tomber dans une parade de stéréotypes.
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« Le majordome » est un résumé imposant et impressionnant sur la lutte des noirs américains.
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Flirtant habilement avec le mélo, il a l'art du récit, accrochant les moindres faits et gestes de son héros aux soubresauts de l'histoire, sans jamais perdre le fil de son propos. Bien sûr, il y a quelques longueurs, des effets et des raccourcis, mais tout se tient si l'on accepte le postulat qu'il s'agit d'une leçon d'Histoire selon le point de vue des Noirs.
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Si l’on suit avec intérêt le destin singulier de ce maître d’hôtel placide et silencieux, on se passionne surtout pour la grande Histoire. Celle de la lutte des Afro-Américains pour l’égalité des droits : on (re)découvre les principales étapes du mouvement, emmené par Martin Luther King et Malcolm X. C’est aussi l’utilité d’un tel film de nous rappeler ce combat pour la fin de la ségrégation raciale.
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Le majordome ne fait pas dans la dentelle pour asseoir son propos. Lee Daniels joue la carte du mélo sans honte, et si parfois certains raccourcis perturbent (Daniels prépare d’ailleurs une version longue de son film), difficile ne pas être emporté par cette saga qui mixe Histoire et histoires. Avec en prime un beau regard sur les rapports père/fils. Si Forest Whitaker en majordome monocorde et mutique est parfois lui aussi « too much », Oprah Winfrey, en mère courage, maladroite et aimante, sait joliment émouvoir.
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Un des points négatifs réside dans le vieillissement des acteurs, un artifice qui est encore loin de faire ses preuves au cinéma. De plus le film souffre d'une mise en scène peu originale, rappelant Forrest Gump et trop académique. Le Majordome est non seulement une fresque historique mais surtout un exposé de plus de quarante ans de racisme aux Etats-Unis. Un film à voir absolument.
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Avec un rythme (trop) soutenu, Lee Daniels livre son œuvre de mémoire pour la communauté afro-américaine, portée par la sobriété de Forest Withaker.
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Une reconnaissance particulière pour Oprah Winfrey qui démontre une fois de plus que c’est une actrice et non pas une célébrité qui joue le rôle d’une actrice.
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Un film plutôt moralisateur qui pointe du doigt des évènements historiques de manière grotesque, comme n’importe quelle autre fiction aurait pu le faire.
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« Le majordome » traite de grandes questions et de grands hommes avec une élégance hors pair.
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Le film s’inspire en effet d’Eugene Allen, au service de huit présidents des années 1950 aux années 1980, d’Eisenhower à Reagan. Trente ans à servir le thé dans le bureau ovale sans moufter. Le scénario lui invente un fils rebelle, fâché avec son « Oncle Tom » de père et qui choisit la lutte pour les droits civiques, flirtant un temps avec les Black Panthers. Leur relation conflictuelle permet de retracer plus de cinquante ans d’histoire américaine racontée du point de vue des noirs (Ku Klux Klan, guerre du Vietnam). Pour la bonne cause, Lee Daniels, cinéaste noir et tordu (« Precious », « The Paperboy »), refoule ses névroses - tout comme les stars de la pop culture au générique, d’Oprah Winfrey à Lenny Kravitz, en passant par Mariah Carey. Didactique et symbolique.
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Un vrai bazar, mais celui-ci est unique et provocateur.
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Une belle idée de film mais un scénario idiot, sans oublier le casting le plus risible et inapproprié que l’on n’ait jamais imaginé.
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Lorsque le film choisit la carte de l’intime et de l’anecdote, il touche plutôt juste - les scènes d’incommunicabilité familiale dans le pavillon du majordome, ou le petit vaudeville quotidien qui se trame dans les coulisses de la Maison Blanche, ébranlées hors champ, par la fureur et les revendications du monde extérieur.Mais quand Daniels quitte l’univers feutré de Washington pour filmer l’histoire officielle, il s’en tient à un travail d’illustration académique. Dire que ces deux points de vue finissent par se neutraliser est à peine exagéré. Mais tout de même, à mesure qu’il se pose en monument historique, « Le Majordome » perd de sa singularité et de sa puissance émotionnelle.
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Si le réalisateur ne perd rien de sa hargne militante, son dispositif en atténue la portée : hésitant entre le parcours de ce père servant et celui de son fils qui se battra pour les droits des Noirs, son récit de la grande histoire à travers la petite s'inscrit dans un didactisme prononcé et quelques raccourcis un peu limites.
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Le réal de Precious et Paperboy fait dans le film classieux à Oscars façon Miss Daisy et son chauffeur ou La couleur des sentiments. Mais au moins ici Spike Lee ne pourra pas cracher son venin puisque Lee Daniels est black et que son film est tout sauf une forme de repentance facile à l'attention d'un public face de craie contrit.
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À travers le regard de ce serviteur noir, Lee Daniels montre le combat mené durant plusieurs décennies par les Afro-Américains pour leurs droits civiques et contre la ségrégation.
Cette fresque militante, humaniste et didactique, à la mise en scène classique et démonstrative, n’évite pas les longueurs. Reste le charisme de Forest Whitaker, qui provoque immédiatement l’empathie -
Au service de huit présidents d'affilée à la Maison-Blanche, ce majordome noir était né esclave dans une plantation. Un parcours que ce film retrace à travers une saga familiale assez convaincante, mais aussi en rappelant avec force les grandes étapes de la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis.
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Un projet ambitieux qui n’échappe pas à certains raccourcis. On reconnaît pourtant que Forest Whitaker détient là un rôle taillé pour l’Oscar. A son côté, l’ex-animatrice Oprah Winfrey se révèle étonnante.
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Passionnant dans son projet, le biopic de Lee Daniels veut embrasser trop d'époques et de sujets pour étreindre un seul avec vérité. Une musique pompeuse rythme l'ensemble juqu'au consensuel dénouement. Mais comme toujours, l'interprétation inspirée de Forest Whitaker relève les scènes les plus convenues.
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À peine ce Majordome nous intrigue-t-il – surtout par la cinglante démesure avec laquelle il semble endosser le genre du « film à Oscars » – que nous devons déjà ravaler nos minces espoirs : il n’y a que peu à sauver dans une entreprise à la fois aussi ambitieuse et aussi diminuée.
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Difficile de ne pas voir en Lee Daniels le roi du calcul, de la démagogie et de l'opportunisme. Avec "Le Majordome", mélodrame fédérateur qui a fait pleurer Barack Obama, il veut faire oublier les audaces licencieuses de son "Paperboy" pour récolter un maximum de statuettes dorées. Grâce aux aveugles, il devrait y parvenir.
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Mais que cette fresque historique est poussive et déjà vue... Elle se déroule sans subtilité, accompagnant l’homme vieillissant resté au service de huit présidents des Etats-Unis, avec son cortège d’humiliations, de problèmes familiaux, mêlant le tout à l’histoire du mouvement des droits civiques des Noirs américains. On peut s’amuser à repérer qui fait quoi parce que le casting de cette saga est incroyable.